Merci pour vos commentaires, par email ou sur le blog, et pour vos réactions par rapport au prix des céréales et des subventions agricoles de notre Ouest adoré. Vous m’avez aussi tous fait sentir que mon dernier message n’était pas très encourageant. Et depuis que les médias se sont emparés de la flambée des prix, on a l’impression que la situation s’est empirée.
Pourtant, ces deux derniers mois m’ont montré les opportunités du Burkina plutôt qu’inspiré au défaitisme. C’est ce sens d’opportunités que je voudrais partager avec vous. L’intense soleil de mars et avril y est pour quelque chose. Donc c’est en lumière et en image que je partagerai mes commentaires sur ces derniers mois à Bobo et aux alentours.
Les mangues…
Les fleurs sont sorties il y a presque trois mois.
Elles ont fait naitre des petites boules vertes…
Qui ont grossi pour donner des mini mangues…
Qui ont encore grossi…
Et deguster...
La mangue est le fruit le plus exporté du burkina. Si vous avez déjà acheté une mangue au supermarché de votre quartier, et que vous avez eu la chance de tomber sur une qui n’était ni pourrie, ni trop jeune, que vous l’avez délicatement découpée pour déguster sa chair jaune et sucrée, alors vous n’avez même pas griffé la surface, ni effleuré d’une papille l’extase des sens qu’on ressent ici en mangeant les vraies mangues.
Je recommande que vous veniez ici en vacance l’an prochain aux alentours de fin Avril. Manger une seule mangue ici vaut le voyage. Ou alors retournez au supermarché, et exigez les mangues Ouest Africaines. Vous pouvez aussi demander à Alanna plus d’information. Elle vous dira que la mangue représente une opportunité économique énorme pour le Burkina, mais que les petits producteurs profitent justement de cette ressource n’est pas encore gagné.
Le mois d’Avril voit aussi mûrir les anacardes. Ca prend moins de temps que les mangues et la période de récolte est plus courte. Peut être trois semaines maximum.
On voit alors des femmes rentrer en ville portant des pommes de cajou bien rangées sur un plateau, sur leurs têtes (la partie rouge). Les pommes sont très rafraîchissantes et très sucrées. Elles ont un peu le goût des malabars à la fraise. On peut en faire du jus, du vin ou de la liqueur. On peut aussi les manger comme ça. Les amandes sont ramassées par des collecteurs qui les commercialisent à l’export ou pour une transformation locale (~5 à 10% des noix).
Ici je suis à Banfora. J’ai négocié le sac à 10,000 Fcfa (80kg) le 4 avril 2008. C’est du tout venant. Petits, rabougries, belles et rondes. Tout vient ensemble.
Le prix des noix est très fluctuant. Donc les petits commerçants sont souvent tentés de faire de la spéculation.
Une grosse influence sur les prix est la présence des gros acheteurs indiens dans la région. Quand ils sont la, les prix montent car leurs coursiers cherchent la rapidité plutôt que les prix les plus bas. Quand ils s’en vont, le vide de client laisse la place aux petits commerçants, et le prix baisse. Personne ne veut se retrouver avec tous ces sacs sur les bras… Très souvent les producteurs vendent donc au premier venu quelque soit le prix, bien que la récente formation de groupements commence à changer la tendance.
Mars et avril, c’est aussi la période du maraîchage irrigué. On a donc le privilège de toujours trouver des tomates, des laitues, des haricots et des poivrons frais au marché local.
Et la période des fleurs. Je ne peux pas faire justice aux fleurs du Burkina, surtout quand le soleil s’en mêle. Voici donc :
Des fleurs de néré, qui donneront des haricots, dont les graines sont pilées pour faire du soumbala, une épice qu’on utilise dans le riz. C’est magique. Au moment de la floraison, on dirait que quelqu’un est venu accrocher des boules de noël.
Des bougainvilliers. No comment.
Des fleurs bleues dont le nom m’est inconnu.
Le mois d’avril a aussi été le moment de la naissance de nos premiers poussins. 7 d’entre eux, ça fera bientôt 14 cuisses, 14 ailes et des poitrines bien tendres…
Les deux mères poules se partagent la tache de garder les petits.
Finalement, il y a un nouveau venu dans la famille. D’aucuns penseront qu’il s’agit d’un animal sauvage, en fait, c’est une pintade (domestique). Celle-ci est un male unijambiste. Il a perdu une jambe pour avoir marché sur un piège de braconnier en brousse. Il monte un peu la garde, ca nous rassure.
Voila donc pour une note positive. Les possibilités d’entreprenariat ici feraient rêver plus d’un, dont moi. Les conditions extérieures sont importantes, mais selon moi, il est important de se focaliser sur le coté positif et de construire dessus. Pour favoriser ça, je vois deux possibilités :
- S’assurer que nous au nord et à l’ouest soyons un peu moins lâches par rapport a notre compétition internationale sur les produits agricoles. Après tout, c’est le marché libre non ? Chacun devrait avoir sa chance de vendre ses produits si ils coûtent moins cher a produire chez eux.
- S’assurer que ceux qui vivent dans une pauvreté extrême puissent accéder aux services nécessaires a entreprendre, et a se dresser eux même contre leur pauvreté. C’est possible avec une coopération internationale exigeante et rigoureuse. Ca commence par tenir ses engagements au niveau de l’aide bilatérale. (0.7% du PIB), auquel votre gouvernement s’est engagé depuis 1970 devant tous les présidents, premiers ministres du moment, mais n’a jamais respecté.
Sur ce, merci encore une fois pour vos commentaires. J’espère que vous n’hésiterez pas cette fois ci encore.
A bientôt.












